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La nouvelle sélection de cuirs est en ligne / The new leather selection is online

Sustainable Leather Forum : Quels enjeux pour l’avenir de la filière cuir ?

Le lundi 7 septembre 2026, le Sustainable Leather Forum a réuni les principaux acteurs de la filière cuir à l’occasion de sa rentrée : fabricants, tanneurs, fournisseurs, créateurs, experts et représentants de la filière.

Une journée consacrée aux grandes transformations du secteur et à une question centrale : comment construire l’avenir du cuir dans un contexte de fortes évolutions économiques, environnementales et sociétales ?

Crédit photo : Leather Fashion Design, Sustainable Leather Forum 

Une filière face à de nouveaux équilibres

La journée s’est ouverte avec Grégoire Biasini, nouveau directeur éditorial du Sustainable Leather Forum, qui a posé le cadre des échanges autour de la compétitivité, des transformations internationales et de la nécessité de « jouer collectif ».

Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, a ensuite proposé une lecture du contexte géopolitique actuel et des rapports de force entre les grandes puissances : États-Unis, Chine, Russie et Europe.

Son intervention a notamment rappelé combien les évolutions internationales peuvent influencer les équilibres économiques et les chaînes d’approvisionnement. Pour la filière cuir, comme pour l’ensemble de l’industrie, anticiper ces transformations devient donc essentiel.


Sécuriser la matière première : un enjeu pour toute la filière

Parmi les sujets les plus importants de la journée : l’accès aux peaux et la sécurisation des approvisionnements.

En France, la diminution des cheptels bovins s’accompagne d’une problématique de renouvellement des éleveurs. L’âge moyen des éleveurs français atteint aujourd’hui 50 ans, tandis que moins de 900 000 veaux sont abattus chaque année, contre 3,4 millions il y a 25 ans.

Cette évolution pose une question essentielle pour la filière : comment maintenir, dans la durée, un volume suffisant de matières premières tout en garantissant leur qualité ?

Les échanges ont également montré que la question ne se limite pas à la quantité de peaux disponibles. La qualité des supports et leur adéquation aux besoins du marché sont devenues des enjeux majeurs, dans un contexte où la filière européenne se distingue notamment par son savoir-faire et son positionnement qualitatif.


Mieux expliquer le cuir pour mieux le valoriser

Autre constat partagé pendant les tables rondes : la filière doit continuer à mieux communiquer sur le cuir.

Il ne s’agit pas uniquement de défendre une matière, mais d’expliquer ce qu’est réellement le cuir, comment il est fabriqué, pourquoi sa qualité varie et ce qui justifie sa valeur.

Cette nécessité d'information fait écho aux résultats du rapport 2026 de l’Observatoire économique de l’Alliance France Cuir : 3 Français sur 4 déclarent acheter des articles en cuir, mais seulement 27 % estiment être bien informés sur la manière dont le cuir est fabriqué*.

Un paradoxe qui montre l’importance de mieux transmettre les réalités de la matière.

La perception globale reste pourtant largement favorable : 82 % des Français jugent la filière cuir responsable*, selon le même rapport.

L’enjeu est donc aussi de donner au public les clés pour comprendre cette perception, en expliquant davantage les pratiques de la filière, ses évolutions et ses engagements.


Durabilité, réparation et valeur d’usage

La question de la durabilité est naturellement revenue au cœur des échanges.

Le cuir possède un atout souvent associé à son usage : sa résistance et sa capacité à accompagner un produit dans le temps. Selon le rapport 2026 de l’Observatoire économique de l’Alliance France Cuir, 94 % des Français considèrent que le cuir est une matière solide et 86 % savent qu’il peut être réparé*.

Ces caractéristiques prennent une importance particulière dans un contexte où l’industrie cherche à favoriser des produits plus durables et à prolonger leur durée d’utilisation.

La réflexion dépasse donc la seule durée de vie physique du produit : elle concerne également sa capacité à rester désirable.


Et si l’avenir du cuir passait aussi par l’émotion ?

C’est l’une des réflexions fortes de cette édition du Sustainable Leather Forum : la durabilité peut aussi être émotionnelle.

Un produit peut être techniquement durable, mais pour être conservé longtemps, il doit également continuer à plaire, à avoir du sens et à susciter un attachement.

Les résultats de l’Observatoire économique de l’Alliance France Cuir vont dans ce sens : 82 % des Français pensent que le cuir renforce l’attachement à un objet*.

La matière joue ainsi un rôle dans la relation que nous entretenons avec un produit. Pour les créateurs, cela ouvre une réflexion sur la manière de raconter non seulement le produit fini, mais aussi la matière qui le compose.

Comme l’ont souligné plusieurs intervenants lors de la table ronde "Aimera-t-on encore le cuir demain ?", Philippe GILBERT (AFC), Clémentine COLIN RICHARD (Paraboot), Andrée-Anne LEMIEUX (IFM), Yasu MICHINO (MICHINO)et Aurore BARDEY (BSB Education) , la matière peut être le point de départ de la création. La comprendre, la montrer et lui donner une place dans le récit du produit permet aussi de renforcer cette relation dans le temps.


Quelle place pour les nouvelles générations ?

Cette question devient d’autant plus importante face aux évolutions des habitudes et des représentations chez les jeunes générations.

Selon le rapport 2026 de l’Observatoire économique de l’Alliance France Cuir, 38 % des 18-24 ans déclarent ne jamais acheter de cuir*, notamment en raison de son prix ou du refus de la matière animale.

Pour autant, l'avenir du cuir ne semble pas remis en question : 57 % des Français pensent que le cuir a un bel avenir*.

Le défi pour la filière sera donc de continuer à transmettre ses savoir-faire, à expliquer ses matières et à démontrer leurs qualités, tout en répondant aux nouvelles attentes des consommateurs.


Jouer collectif pour construire la suite

Tout au long de la journée, une idée est revenue : aucun acteur ne pourra répondre seul à ces transformations.

Sécurisation des matières premières, innovation, adaptation environnementale, valorisation des ressources, communication ou encore transmission : les solutions nécessitent de renforcer les collaborations entre tanneries, fabricants, marques, fournisseurs, institutions et acteurs de la recherche.

« Jouer collectif » ne signifie pas uniformiser les approches, mais mettre en commun les expertises et les intérêts autour d'objectifs partagés.

C’est également ce qui permet à une filière de gagner en résilience et de préparer plus concrètement son avenir.


Quel avenir pour la filière cuir ?

Le Sustainable Leather Forum aura finalement posé une question simple, mais essentielle : aimera-t-on encore le cuir demain ?

Les échanges de cette journée montrent que son avenir dépendra autant de sa capacité à sécuriser ses matières premières et à poursuivre sa transformation que de sa capacité à expliquer sa valeur, transmettre ses savoir-faire et créer de nouveaux liens avec les générations futures.

Chez Adapta, cette réflexion résonne particulièrement avec notre approche : revaloriser des cuirs existants du luxe en leur permettant de trouver de nouveaux usages et de nouvelles histoires, plutôt que de laisser des matières déjà produites rester inutilisées voire détruites.

L’avenir du cuir se construira donc aussi dans notre capacité collective à mieux connaître, mieux transmettre et mieux utiliser les matières qui existent déjà.

*Sources : Etude de l'Observatoire Economique Alliance France Cuir, 2026, "Cuir et RSE : Qu'attendent vraiment les consommateurs français ?"

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